Incendies

Alain Lenoir Mis à jour 28-Sep-2026

Quand les forêts sont incendiées, les fourmis sont parmis les premiers animaux à ressortir ; après les incendies au sud de Sidney en fin 2001, Frédéric Therin, le journaliste du Monde note comme première impression : "Une fourmi s'avance rapidement sur le sol noir comme du charbon" (18 janvier 2002).

En été 2025, nous sommes en pleine période d'incendies dont l'intensité devient incontrôlable. Voir Le Monde du 9 août 2025 : Damien Ballerau, Contre les incendies, prévention et lutte sont indispensables. Pdf.

Les singes aussi savent exploiter les incendies, par Hervé Morin, Le Monde 4 mars 2026. Pdf


Oui, les incendies font partie de la vie de la nature et des animaux comme les singes savent en profiter.


Ce qui se passe pour les fourmis est à l'étude à Donana (Andalousie). Voici par exemple deux photos de Xim Cerda

 

et des Messor marocanus au même endroit :

La discussion de Xim Cerda dans l'un de ses papiers (mail 21 juillet 2026) :

Certaines études ont montré que la structure taxonomique des communautés de fourmis peut se rétablir complètement assez rapidement (en 1 à 8 mois ; Parr et al., 2004 ; Verble-Pearson et Yanoviak, 2014) et que les fourmis pourraient même faire partie de la première vague de colonisateurs après des incendies de forêt (Antunes et al., 2009). Cependant, d’autres études ont montré que la structure de la communauté de fourmis n’est peut-être pas complètement rétablie, même huit ans plus tard (Arnan et al., 2006). Cette variabilité peut être influencée par le type de forêt, qui influence la dynamique de rétablissement forestier (Arnan et al., 2006) et/ou la capacité des fourmis à persister dans des conditions post-incendie (Parr et al., 2004). Après un incendie, la diversité taxonomique et fonctionnelle des fourmis peut diminuer en raison de changements de structure de la végétation (Arnan et al., 2007), de température (Arnan et al., 2014 ; Raymons et al., 2013), l’aridité (Arnan et al., 2018), la disponibilité des ressources (Lazaro-Gonzalez et al., 2013), et les propriétés fonctionnelles des sols (Antunes et al., 2009). En effet, certaines espèces de notre zone d’étude — notamment celles qui ont de fortes associations avec la végétation (par exemple, Crematogaster scutellaris, Lasius myops et Camponotus lateralis) et/ou qui ont des modes de vie cryptiques (par exemple, les espèces de Temnothorax) — ne peuvent pas faire face aux nouvelles conditions environnementales. Plus précisément, la température et l’aridité augmentent en raison des conditions post-incendie, car la couverture auparavant fournie par la canopée arborée a disparu. Cette situation peut intensifier les effets négatifs de l’incendie et réduire la diversité des stratégies d’acquisition alimentaire représentées au sein de la communauté (Arnan et al., 2018), entravant ainsi la reprise. Il est important de noter que les contraintes pratiques de l’échantillonnage entravent la réplication.

Un sujet en pleine actualité avec tous les feux de forêts que nous avons subi cet été et en fait il faut préserver le maximum de zones différentes !
Megan A. Sampognaro, Skyler Burrows, Katie Moriarty, Jake Verschuyl, Dustin Gannon, James W. Rivers,
Shaded fuel breaks support diverse bee communities in fire-prone managed conifer forests, Global Ecology and Conservation, 71,
2026, 04431, ISSN 2351-9894, https://doi.org/10.1016/j.gecco.2026.e04431.
Dans cette étude, nous avons évalué les communautés d’abeilles dans des pare-feux ombragés (n = 27) et sites de référence non traités (n = 9) sur des forêts de conifères en Californie entre 2023 et 2024. Sur les deux années, nous avons capturé 17 124 abeilles, dont 5 familles, 33 genres et 188 espèces. Nous avons constaté que l’abondance des abeilles était 3,2 × plus élevée en pare-feu ombragé par rapport aux sites de référence, alors que les pare-feux n’ont en moyenne que 2,4 % d’espèces en plus que les sites de référence. Ainsi, les pare-feux ombragés soutenaient une communauté d’abeilles moins diversifiée, avec une plus grande abondance de plantes communes tandis que les sites de référence contenaient des espèces localement plus rares. Ces résultats indiquent que les pare-feux ombragés et les zones non traitées contribuent à des composants distincts de la communauté plus large des abeilles, et la création de pare-feux augmente l’abondance des abeilles dans les zones de conifères sujets aux incendies.