Virus et fourmis

Alain Lenoir mis à jour 06-Fév-2017

On connait mal les virus de fourmis. Par contre, on accuse certains virus comme le DWV (Deformed Wing Virus) transporté par le varroa d'être au moins en partie responsable du déclin des ruchers (CCD) (Sciama 2016). Et ces virus se transmettent aux autres pollinisateurs (Sciama 2015). Cela arrange bien les vendeurs de poisons nicotinoïdes...

Chez les fourmis

- En 1977 Avery décrivait déjà des particules ressemblant à un virus chez une Solenopsis. Stephen Valles et Stanford Porter ont décrit dès 2005 des virus chez Solenopsis invicta, la fourmi de feu (Valles et Strong 2005, Valles et al 2010, Valles et Bextine 2011 pour le virus 1), un virus 2 (Hashimoto et Valles 2008) et un 3 ( Porter et al 2013) qu'ils ont essayé de transmettre aux fourmis par l'alimentation dans un but de contrôle biologique (Valles et al 2013) mais apparemment sans succès...

- M. Cooling et B. Hoffmann en Australie ont observé que entre 2003 et 2014 la fourmi folle jaune pouvait disparaître spontanément dans divers endroits (Cooling and Hoffmann 2015). Cette disparition pourrait être due à des virus Black queen cell virus, et d'autres bactéries pathogènes (Cooling et al 2016).

- Diane Bigot, à l'IRBI de Tours, a trouvé des virus comme le Lake Sinaï Virus (LSV), un virus ARN possiblement associé au CCD chez 3 espèces de Messor . Ce virus pourrait se transmettre entre les abeilles domestiques, les abeilles sauvages et les fourmis (Bigot et al 2015).

Voir
- Bigot, D., E. A. Herniou, N. Galtier and P. Gayral (2015). Diversité du Lake Sinaï Virus (LSV) chez les Hyménoptères. UIEIS Congress, Tours, Août 2015, Tours. Pdf
- Sciama, Y. (2016). Le virus qui décime les ruches du monde entier est exporté en Europe. Science & Vie Avril 2016: p. 29. Pdf

- Avery, S. W., D. P. Jouvenaz, W. A. Banks and D. W. Anthony (1977). Virus-like particles in a fire ant, Solenopsis sp., (Hymenoptera: Formicidae) from Brazil. Florida Entomol. 60: 17-20
- Cooling, M. and B. D. Hoffmann (2015). Here today, gone tomorrow: declines and local extinctions of invasive ant populations in the absence of intervention. Biological Invasions 17(12): 3351-3357. 10.1007/s10530-015-0963-7
- Cooling, M., M. A. M. Gruber, B. D. Hoffmann, A. Sébastien and P. J. Lester (2016). A metatranscriptomic survey of the invasive yellow crazy ant, Anoplolepis gracilipes, identifies several potential viral and bacterial pathogens and mutualists. Insectes Sociaux: 1-11. 10.1007/s00040-016-0531-x

- Hashimoto, Y. and S. M. Valles (2008). Infection characteristics of Solenopsis invicta virus 2 in the red imported fire ant, Solenopsis invicta. Journal of Invertebrate Pathology 99(2): 136-140. http://dx.doi.org/10.1016/j.jip.2008.06.006
- Porter, S. D., S. M. Valles and D. H. Oi (2013). Host specificity and colony impacts of the fire ant pathogen, Solenopsis invicta virus 3. Journal of Invertebrate Pathology 114(1): 1-6. http://dx.doi.org/10.1016/j.jip.2013.04.013
- Sciama, Y. (2015). Les abeilles transmettent leurs virus aux autres pollinisateurs. Science & Vie Avril 2015: p. 26.
- Valles, S. M. and C. A. Strong (2005). Solenopsis invicta virus-1A (SINV-1A): Distinct species or genotype of SINV-1? Journal of Invertebrate Pathology 88(3): 232-237. http://dx.doi.org/10.1016/j.jip.2005.02.006
- Valles, S. M., D. H. Oi and S. D. Porter (2010). Seasonal variation and the co-occurrence of four pathogens and a group of parasites among monogyne and polygyne fire ant colonies. Biological Control 54: 342-348.
- Valles, S. M. and B. Bextine (2011). Examination of host genome for the presence of integrated fragments of Solenopsis invicta virus 1. Journal of Invertebrate Pathology 107: 212-215.
- Valles, S. M., S. D. Porter, M.-Y. Choi and D. H. Oi (2013). Successful transmission of Solenopsis invicta virus 3 to Solenopsis invicta fire ant colonies in oil, sugar, and cricket bait formulations. Journal of Invertebrate Pathology 113(3): 198-204. http://dx.doi.org/10.1016/j.jip.2013.04.003