Christian Peeters (1956-2020) "C'est lui le roi des fourmis"

Mis à jour 11-Avr-2021

Christian est décédé le 1er septembre 2020 à Paris à 64 ans. Voir plus loin tous les Hommages.

     

                   

Christian Peeters était à l'Institut d'écologie et des sciences de l'environnement au CNRS à Paris 6. Né en Belgique, puis parti à 15 ans en Afrique du Sud où il fait son PhD. Post-docs en Australie (Ross Crozier), Japon (Yoshiaki Ito), Würzburg (Bert Hölldobler). Je l'avais poussé à candidater comme chercheur au CNRS où il a été recruté facilement vu son dossier. Spécialiste des fourmis ponérines sans reines, il a eu droit à avoir son nom pour une nouvelles espèce Streblognathus peetersi (Robertson 2002). Voir une interview dans Myrmecological News Blog (Décembre 2010).

A participé à l'organisation de Ant Course, en Guyane (voir photo des participants) :

Plus jeune :

Un portrait par Naret Phansua :

Il a eu de nombreux étudiants dont la plupart sont devenus de grands myrmécologues :
- Sébastien Barate
- Virginie Cuvillier-Hot (co-tutelle avec Alain Lenoir)
- Vincent Dietmann
- Bruno Gobin
- Adam Khalife (en fin de thèse 2021)
- Jürgen Liebig
- Mathieu Molet
- Thibaud Monnin
- Mathew Sledge
- Johanna Clémencet : Co-direction Christian Peeters et Claudie Doums

Photos

en 2019  avec Claudie Doums :     

A l'OIST en 2019 :

en 2007 au Colloque UIEIS à Toulouse avec Serge Aron et Luc Passera :

A Avignon au colloque Insectes Sociaux en 2006 :

Lors de sa soutenance d'HDR en 1993 à Paris-13-Villetaneuse :

- avec Bert Hölldobler et Pierre Jaisson :       

  - Avec Luc Passera :        

C. Peeters est l'un des auteurs du Guide des fourmis de France, Belin. 160 p. (Thibaud Monnin, Xavier Espadaler, Alain Lenoir et Christian Peeters 2013).

Soutenance de thèse de Kolo Yéo (2006) :

Et récemment Faune des fourmis de Madagascar avec Brian Fischer (2019).

Suite à une mission au Mozambique avec Brian Fischer en 2016, Christian Peeters s'intéresse à une fourmi très particulière : Melissotarsus. Avec ses 2 millimètres, Melissotarsus est l'une des plus petites fourmis de la planète et elle vit à l'intérieur des arbres. Mellissotarsus, minuscule fourmi de 2 millimètres est étonnante : elle est aveugle, vit en symbiose avec une espèce de cochenille dans l'intérieur des arbres où elle vit en autosuffisance. Melissotarsus est si bien adaptée à cette vie en galerie qu'il est devenu impossible pour elle de vivre à l'extérieur. Voir Melissotarsus.
Courrier de Christian Peeters
à Bernadette Darchen (4 février 2020) : "Très vite je suis devenu accro à cette fourmi extraordinaire. Trois missions en Afrique du Sud m'ont permis d'explorer plusieurs aspects de leur mutualisme avec les diaspines. Nous avons acquis une meilleur connaissance de leur morphologie aberrante grâce à la micro-tomographie à rayons X. Nous avons aussi eu la chance d'étudier un fossile dans l'ambre éthiopien, daté de 17 millions d'années. Depuis 2016 je collabore avec Danièle Matile au Muséum.. Elle a découvert plusieurs nouvelles espèces de diapines associées aux nids de fourmis. J'ai pu commencer l'étude du genre asiatique Rhopalomastix, les soeurs de Melissotarsus. Suite à des études de terrain à Singapour et en Thaïlande, nous avons montré une grande similitude de modes de vie sauf que, fait évolutif crucial, leurs pattes sont moins spécialisées et elles restent capables de marcher à l'extérieur des tunnels." "Je voulais que vous sachiez que votre découverte en Côte d'Ivoire est un moment fort de la myrmécologie, et a ouvert la voie... J'espère effectuer une mission à Lamto plus tard cette année, où mon ancien thésard Kolo Yéo a trouvé Melissotarsus dans la savane non brûlée.".
Les fourmis qui creusent des galeries dans les branches d'arbres vivantes comme les Melissotarsus (Afrique) et Rhopalomastix (Asie) ont des glandes séricigènes, ce qui est exceptionnel chez les fourmis, et que Johan Billen et Christian Peeters viennent de décrire. Il y a une glande dans la tête qui produit la soie et une autre sur le tarse qui durcit la soie. Ils ont nommé la glande du tarse "Delage-Darchen gland". Melissotarsus est la championne pour creuser (Billen et Peeters 2020). Voir Bernadette Delage-Darchen.

France Inter, la une de la science par Axel Villard le 4 septembre 2018, avec Christian Peeters, zoologue à l'Institut d'Ecologie et Sciences de l'Environnement CNRS/Université Sorbonne. Réécouter l'émission. Les Melissotarsus de Christian Peeters à l'honneur dans Le Figaro (Nothias 2018).

Christian Peeters s'est lancé depuis plusieurs années dans la création de films d'animation sur les fourmis avec Naret Phansua. De quoi vous occuper...
"Secrets des fourmis" -
En anglais: "Ant Life"  - Description du projet (pas encore traduit). Episode 1 : "La vie périlleuse des jeunes reines" (3min20)

     

Une première série plus ancienne : "Nous, les fourmis". 1- Familles très nombreuses;  2- Les chasseuses solitaires ; 3- Au début, la reine

Des cartes postales sur la série :            

Les débuts de la reine :

Voir
- Sur France Culture le 16 septembre 2019. Voir émissions radio
Martin, N. (2019) Fourmis : une pour toutes et toutes pour unes. franceculture.fr, 16 septembre 2019, Pdf
- Nature. D'où la fourmi tient-elle sa force ? (Le Télégramme Soir du 14 juin 2018) : "C'est grâce à la puissance des muscles de son cou que l'ouvrière soulève d'aussi lourdes charges."
- Comment la fourmi porte-telle autant de poids ? Science & Vie mai 2016.
- Pourquoi les fourmis ont réussi. Conférence. Les Mardis de l'Espace des sciences, avec Christian Peeters, myrmécologue, Laboratoire "Ecologie et science de l’environnement", Université Paris VI Pierre et Marie Curie, CNRS. 24 septembre 2014. "Les fourmis ont colonisé la plupart des milieux terrestres. Présentes toute l’année et en grand nombre, leur diversité de modes de vie est étonnante : chasse d'insectes, récolte de cadavres, de graines ou de miellat, esclavagisme,... Plusieurs fourmis ont noué des interactions étroites avec des plantes, pucerons ou champignons. Vivre en société amène beaucoup d’avantages - pérennité des nids, division du travail, évolution des castes reine et ouvrière - mais quelles sont les autres clefs de la fantastique réussite des fourmis ?"

        

- Stratégiques, les fourmis ! Conférence de Christian Peeters. Espace des sciences à Rennes, 9 janvier 2015. ."Il y a 13 000 espèces de fourmis sur Terre. Elles évoluent depuis 100 millions d'années. L'histoire des fourmis est une success story. Le chercheur Christian Peeters nous explique pourquoi cet insecte social original, aux morphologies très variées, est important pour l'équilibre naturel. Les fourmis ont mis en place des stratégies différentes pour fonder de nouvelles colonies. Mais aujourd'hui, certaines espèces sont menacées, leur écosystème étant détruit par l'homme. Et un petit nombre d'espèces envahit les villes du monde entier, au détriment des espèces locales ! " Interview Nicolas Guillas.

- La petite bête qui grouille (L'Express, 9 octobre 2013). Sur la fourmi d'Argentine "Le pire ennemi d'une fourmi, c'est une fourmi d'une autre espèce."
- Des fourmis au succès monstre par Xavier Müller, Bulletin CNRS septembre 2012. Chez Odontomachus les reines sans ailes combinent le gros abdomen et les organes reproducteurs des reines ailées avec le thorax simplifié des ouvrières.
- La fourmi sans reine, mais non sans rang. de Catherine Vincent, Le Monde, 24 février 2004. Interviews de Christian Peeters, Thibaud Monnin et Virginie Cuvillier-Hot sur les fourmis ponérines Dinoponera quadriceps et Streblognathus peetersi.
- Sa majesté la fourmi argentée. Avec Interview de Christian Peeters ("C'est lui le roi des fourmis") avec photos de Patrick Landmann, Paris Match 5 juillet 2001. Il avait déjà vu la particularité des poils sur le corps de la fourmi, qui ont été étudiés plus tard par Serge Aron.
- Comprendre l'évolution des reines et des ouvrières chez les Fourmis    CNRS Presse 1/02/96 (www.cnrs.fr/Cnrspresse/n17a8.html )
- A la recherche de Dinoponera quadriceps avec Jacques Delabie dans les années 1990 :

Erik Frank, dans son livre (Combattre, sauver, soigner. Une histoire de fourmis, CNRS éditions. 2020) remercie C. Peeters qui l'a conseillé dans la rédaction du livre

Références
- Billen, J. and C. Peeters Glandular innovations for a tunnelling life: Silk and associated leg glands in Melissotarsus and Rhopalomastix queen and worker ants. Arthropod Structure and Development Article soumis le 28 mai 2020.
- Laciny, A. (2019) Interview with Christian Peeters. Myrmecological News Blog, 18 décembre 2019
Lien
- Nothias, J.-L. (2018). La fourmi à grosse tête, un tunnelier très efficace. Le Figaro 6 octobre 2018. Pdf

Hommages à Christian

Les amis réunis à Paris pour la cérémonie de funérailles :

- Hommage à Christian Peeters dans Insectes Sociaux : Monnin, T., C. Doums and M. Molet (2021). In memorium Christian Peeters (1956-2020). Insectes Soc sous presse. doi: https://doi.org/10.1007/s00040-021-00815-7. Pdf

- ESEAE Paris Sorbonne Université : C'est avec une profonde tristesse que nous avons appris ce matin le décès soudain de Christian Peeters, dans la nuit au 31 août au 1er septembre, des suites d'un accident cardiaque. Christian était connu de tous pour sa passion de la nature, en particulier des fourmis, et son goût pour l'aventure et le travail de terrain. Il était surtout très chaleureux, aimait beaucoup discuter avec ses collègues et étudiants, et était passionné pour diffuser la culture scientifique dont l’écologie des fourmis auprès du grand public. Il manquera beaucoup aux membres de l'équipe ESEAE et à toute l’unité. Mathieu Molet, Thibaud Monnin, Claudie Doums, et toute l’équipe ESEAE à Paris (1er septembre)
- Page de la section française Insectes Sociaux
- Un n° spécial de la Newletter de la rentrée septembre 2020 de l'IUSSI par Madeleine Beekman avec de nombreuses photos. Télécharger le n° spécial (attention 60 MO).
- Serge Aron : Christian passait régulièrement à Bruxelles et nous nous téléphonions au moins 2x par mois.
Deux photos de notre voyage en Namibie en 2017
(2 septembre)
à la recherche d’Ocymyrmex, au somment d’une dune de sable à Gobabeb
avec Robin Crew, à Walvis Bay
- Thibaut Delsinne : Cette nouvelle me bouleverse et m'attriste énormément mais je te remercie de nous l'avoir annoncée (1er septembre)
- David Sillam Dusses : C'est avec une très grande tristesse que je viens d'apprendre la disparition de notre collègue Christian Peeters. C'est une horrible nouvelle pour ce remarquable chercheur et cette personne si sympathique. Beaucoup d'entre vous le connaissaient très bien, nous le regretterons tous terriblement (1er septembre).
- Luc Passera : Sidéré par cette affreuse nouvelle. Les souvenirs se bousculent. En émerge l’image d’un chercheur passionné, d’une rigueur scientifique absolue. Ses découvertes ont mis la lumière sur les fourmis (1er septembre).
- Christophe Lucas : Une bien triste nouvelle en cette rentrée scolaire (2 sept).
- Mireille Vasseur Cognet : Je suis ravie de voir cette page car je ne le connaissais pas tant que ca étant arrivée depuis que quelques années. Il a été le premier à s'intéresser à mon projet HFSP et à m'encourager. Je suis bien triste aussi (2 septembre)
- Abdallah Dahbi : Que dire. Je suis d'accord et je comprends ton chagrin. C'est vraiment bouleversant et triste. Le destin a voulu que je le croise par hasard à Jussieu lors de mon dernier passage chez Thibaud en janvier 2019, 20 ans après... (2 septembre)
- Cécile Plateaux : Merci beaucoup de nous avoir transmis tous ces documents concernant notre collègue Christian Peeters. Nous sommes très attristés par son départ.
De la part de Luc, je vous transmets ce petit message: Christian Peeters était un collègue généreux. Je lui avais fourni une importante quantité d' intercastes de Temnothorax nylanderi pour le travail d'un de ses élèves; dans la publication de ce travail, j'ai été délicatement mentionné parmi les auteurs (4 septembre)
- Laurent Cournault : Je découvre avec une grande tristesse cette nouvelle qui me fait amèrement regretter de n'avoir pas pris de ses nouvelles ses dernières années.
Christian a en effet été pour moi une personne déterminante dans mon parcours.
Je me souviens très bien de ma première rencontre : alors étudiant en licence à Jussieu, j'étais venu toquer à la porte de son bureau, surmontant ma timidité de m'adresser ainsi à ce scientifique de renom qui figurait en bonne place dans l'excellent "Voyage chez les Fourmis" de Wilson et Hölldobler, livre qui avait scellé mon amour des fourmis. Je m'étais présenté, lui avait parlé de mes lectures et de mon intérêt pour cette famille d'insectes et il m'avait de suite proposé de travailler sur le comportement de colonies qu'ils venaient de ramener d'Inde, les fameuses Diacamma. C'était quelqu'un de passionné qui m'a permi de mettre un pied dans l'univers scientifique, l'année suivante je travaillais sur D. nilgiri pour mon mémoire de Maîtrise et il me faisait rentrer à la section Française. C'est grâce à lui que j'ai pu m'intégrer au sein de l'équipe d'Écologie et que j'ai pu me lier avec la filière bruxelloise où j'ai réalisé ma thèse. Je lui dois toutes ces années passionnantes passées dans la monde de la recherche, la recherche sur les fourmis qu'il aimait tant. Bien que j'ai quitté le milieu, j'en garde d'excellents souvenirs... grâce à Christian. J'ai eu l'occasion de lui dire combien je lui en étais reconnaissant quelques temps après ma thèse. De cela au moins je n'aurais pas le regret
(3 septembre).
- Anne-Geneviève Bagnères : Très secouée également par cette mort soudaine, on avait le même âge.... (10 sept)
- Vincent Fourcassié : Je viens juste d'apprendre le décès de Christian... comme toujours on a du mal à y croire... Christian était présent depuis tant d'années dans nos vies de chercheurs que j'ai l'impression de l'avoir croisé il y a quelques jours pour la dernière fois...Christian était pour moi un des très grands de la myrmécologie, la section française de l'UIEIS pouvait vraiment être fière de le compter parmi ses membres. Je m'étais rapproché de lui ces dernières années et nous avions commencé à échanger activement sur la morphologie fonctionnelle des fourmis en lien avec les travaux de son doctorant Adam Khalife et les travaux de mon doctorant Hugo Merienne sur la biomécanique de la locomotion chez les fourmis. Nous devions notamment organiser un symposium sur la morphologie fonctionnelle/biomécanique chez les fourmis pour le prochain congrès européen UIEIS. C'était un naturaliste passionné et passionnant et un chercheur perspicace, exigeant et très rigoureux. J'avais beaucoup d'admiration pour lui. (10 sept).
- Vincent Dietemann : Je suis aussi encore sous le choc de la perte de mon père scientifique et c'est dans des circonstances moins triste que j'aurais préféré t'écrire (10 sept).
- Gérard Renaud : La disparition de monsieur Christian Peeters est un grand vide pour le monde des fourmis (10 sept).
- Bruno Corbara : Pour exprimer mon désarroi à l'annonce du décès de Christian.
Nous ne nous étions pas vus depuis très longtemps mais je continuais de suivre ses travaux et ses interventions grand public. Christian était et restait toujours pour moi un grand jeune homme dynamique à l'apparence indestructible. Sa disparition est une très grande perte pour le monde de la recherche sur les insectes sociaux et au delà pour tous les collègues et amis qu'il a rencontrés au cours de ses pérégrinations circumterrestres. J'ai du mal à me dire qu'il n'est plus là
(11 sept).
- Erik Frank : "He helped me a lot with the translation of certain technical terms into french and was always very quick and motivated to help me (not just for the book but in general). I am very grateful to have met him during the Ant Course in Mozambique and later again in France. It saddens me a lot that he passed away so suddenly, he was a great person." (mail du 1er octobre 2020).
- Christophe Lucas dans sa thèse(2002) : "Un merci tout particulier à C. Peeters qui est l'homme sans lequel je n'aurais jamais travaillé sur les fourmis."

- Un merci de Christian en 2015 :