Belzébuth ne mordra plus

Alain Lenoir Mis à jour 04-Déc-2020       

Un Roman pour ado se déroulant à Montauban : « Belzébuth ne mordra plus », de Luc Passera (Edilivre 2020), 90 pages, 12€

"Belzébuth, le chien de Madame Pouzergues est retrouvé mort dans son jardin. Aurait-il été empoisonné ? Par qui ? Et pourquoi ? Trois adolescents curieux et intrépides mènent l’enquête. Elle les mènera dans les rues et les boutiques de Montauban ainsi qu’au Muséum d’histoire naturelle Victor Brun où une exposition sur les fourmis attire leur attention et tout particulièrement la terrible fourmi géante Paraponera. Les enfants iront de découvertes en surprises et lèveront le voile sur la mort de Belzébuth, grâce à leur pie, Margot, aussi curieuse qu’eux !
Vous y croiserez des personnages hauts en couleur comme le brigadier Yakafaucon ou Mme Arbus, vous entendrez chanter l’accent du sud, imaginerez les briques rouges resplendirent au soleil et les reflets de ce dernier dans le Tarn !
Les lecteurs, jeunes et moins jeunes, pourront sans mal s’imaginer les adolescents déambuler dans les rues du centre-ville et parcourir les allées du muséum d’histoire naturelle. Ils apprendront que certaines fourmis cultivent les champignons qu’elles consomment… et qu’une tortue à deux têtes nommée Janus coule des jours paisibles au Muséum d’histoire naturelle de Genève.
Ce roman plein de fraicheur et d’humour, inscrit dans le présent, est l’œuvre de Luc Passera. Ce natif de Montauban est professeur émérite de l’Université Paul-Sabatier de Toulouse où il a dédié sa carrière à l’étude du comportement des fourmis. Une fois à la retraite, il a décidé de partager ses connaissances avec le public. Il est l’auteur de plusieurs ouvrages de vulgarisation sur les fourmis dont un à destination des enfants. Il signe ici son premier roman jeunesse où l’intrigue se déroule à Montauban, comme un hommage appuyé à sa ville natale où de nombreux souvenirs se trouvent."

J'ai enfin réussi à me procurer ce livre, hélas par Amazon.. Roman policier intéressant, facile à lire, une vraie histoire de meurtre (de chien) avec des adolescents aventureux. Cela se passe dans les rues de Montauban que Luc Passera connait bien et cela donne envie d'aller visiter cette ville. On parle beaucoup du muséum d'histoire naturelle qui aurait abrité l'exposition "Mille milliards de fourmis" qui serait venue à Montauban. Je doute que ce soit vrai. Cette exposition a été crée au Palais de la Découverte en 2013, puis est partie dans d'autres muséums (voir Expositions). Cela donne un prétexte pour parler des fourmis et on découvre plein de choses. Je ne dévoilerai rien en disant que la fourmi balle de fusil (Paraponera clavata) qui semble fasciner Luc Passera est impliquée dans l'histoire.
Quelques citations et autres points intéressants:
- "Il y a mille milliards de fourmis, c'est écrit sur le musée. Papi répondit en riant. -Tu les compteras ! C'est un bon exercice de calcul." (p.29)
- "Le myrmécologue est un savant qui étudie les fourmis. Éva qui avait pris l'option latin en cinquième décréta : "Formicologue aurait été plus clair". (p.39)
- Au muséum on parle d'Auguste Forel. On voit le billet suisse de 1 000 francs à son effigie (p.40) et un portait de d'Oskar Kokoschka (1910) que j'ai découvert (p.41-42).
- La vie des fourmis champignonnistes résumée pages 42 et suiv. : " À côté des feuilles vertes on avait aussi placé des pétales de roses si bien que les fourmis qui revenaient vers le nid formaient une colonne où alternaient des porteuses de fragments verts ou roses. On aurait cru voir une armée de porte-drapeaux !" (p.43).
- Et bien sûr la Paraponera : "Le venin est très toxique et une seule fourmi peut tuer une souris en 10 minutes" (p.46)
- Le chien Belzébuth pourrait être mort d'un venin neuropeptide selon le vétérinaire (p.58). Il semble bien équippé en analyses chimiques puisque ces neuropeptides viennent seulement d'être découverts.. (voir Venins)
- Toujours sur les Paraponera : "Les fourmis ne sont pas muettes; elles parlent"; "J'entends Criii... Criiii... Criiii."; "C'est leur cri d'alarme... Ces fourmis balle de fusil sont vraiment extraordinaires. Personne ne voudra nous croire quand on dira que l'on a entendu des fourmis parler." (p.70) (Voir Stridulations)
- La tarte de Madame Arbus ; "A la troisième ou quatrième [cerise] Gaëtan poussa un cri de dégoût et recracha le fruit... C'est plein de fourmis. je les reconnais avec leur tête rouge... Les mêmes que celles qui circulent dans le jardin à Toulouse le long du fil à linge de maman." Il suit les ouvrières dans le jardin, elles grimpaient sur la cabane de Belzébuth et trouve le nid dans les plaques de polystyrène du toit. (p.82-83). Il s'agit bien sûr des Crematogaster scutellaris que l'on voit souvent dans les dépendances des maisons.