Fourmis invasives

« Des fourmis adeptes de la mondialisation » selon Passera

Alain Lenoir - Mis à jour le 12-Nov-2017

150 espèces de fourmis ont été signalées hors de leur aire native et 30-35 s’installent de manière durable (Passera 2006). Passera parle d’espèces envahissantes, mais on utilisera l’anglicisme "invasives". Ce sont les « tramp species » ou fourmis vagabondes. On compte actuellement 241 espèces introduites hors de leur zone native (Bertelsmeier
et al 2017).

En 2000, la liste des 100 organismes envahissants les plus dangereux au monde comprenait 14 espèces d’insectes parmi lesquelles 5 espèces de fourmis (Lowe et al. 2000) : Anoplolepis gracilipes (fourmi folle jaune, yellow crazy ant), Linepithema humile (fourmi d’Argentine, Argentine ant), Pheidole megacephala (fourmi à grosse tête, big-headed ant), Solenopsis invicta (fourmi de feu, fire ant), Wasmannia auropunctata (the little fire ant, petite fourmi de feu).
En 2005 on y ajoutait trois autres espèces (Passera and Aron 2005) : Tapinoma melanocephalum (fourmi fantôme, ghost ant), Monomorium pharaonis (fourmi des pharaons) et Solenopsis geminata (fourmi de feu tropicale). D’autres ont suivi depuis.
En 2016 l'Union Européenne a défini une liste de 37 espèces de plantes et animaux invasives contre lesquelles il faut lutter en prioirité, mais pas de fourmis (Herzberg 2016b). Il ne faut pas oulier que d'autres insectes sociaux sont invasifs comme des guêpes Polistes dominula et Vespa velutina, le termite de Formose Coptotermes formosanus. Même l'introduction de l'abeille domestique en Amérique a eu des conséquences importantes sur les abeilles locales (Breed 2016).

Un article important de Cléo Bertelsmeier à Lausanne a permis de montrer que les fourmis se sont dispersées sur le globe en suivant deux grandes vagues du commerce international, soit de 1850 à 1914 et de 1970 à nos jours (7sur7.be 2017, Affentranger 2017, Bertelsmeier et al 2017). On y apprend aussi qu'Acromyrmex octospinosus champignonniste de Guadeloupe considérée comme invasive ne l'est pas. Dans nos régions, les transports de fleurs en pot sont sans doute le principal moyen de dispersion. Selon Claude Lebas (mail du 4 novembre 2017) les vans pour chevaux seraient aussi une voie importante en Languedoc Roussillon pour Lasius neglectus. Selon Peter Wohlleben (2017, p.225) les palettes de bois insuffisamment chauffées pour être déparasitées offrent aux vagabonds de multiples opportunités pour traverser les océans. Le moustique tigre se déplace en co-voiturage depuis Bracelone dans toute l'Espagne selon Eritja et al (2017).


1 - Linepithema humile (fourmi d’Argentine, Argentine ant)
Elle est arrivée du sud du Brésil en 1915 (et pas d’Argentine) sur la Côte d’Azur vers 1900 avec des plantes et s’est installée depuis avec succès. Elle reste cantonnée le long des côtes car elle ne supporte pas le gel. On a décrit deux super-colonies en Europe le long de la côte méditerranéenne et jusqu’en atlantique au Portugal (Giraud et al. 2002). Je l’ai observée en Corse à Calvi dans les années 70 (peut-être importée par les légionnaires ?). En fait une nouvelle super-colonie a été identifiée en Corse et au port des Oursinières dans une petite pinède à l'Est de Toulon (Blight et al. 2010). C'est peut-être l'Argentine qui perturbe les radars des autoroutes.. (Pontone 2014).

   

En septembre 2016 j'ai eu l'occasion de voir des pinèdes sur la côte au niveau de Girona entièrement envahies par des fourmis d'Argentine. C'est très impressionnant, il ne reste aucune autre fourmi. Paradoxalement, les fourmilions prospèrent dans cette zone, les fourmis étant abondantes. Mais cela ne suffit pas à limiter les argentines.

Pinède Escalas (près Girone)        

Pour en voir plus sur la fourmi d'Argentine


2 - Solenopsis invicta (fourmi de feu, fire ant)
C’est une véritable plaie aux USA où elle infeste plus de 140 millions d’hectares. Cela coûte 6,5 milliards de dollars par an. Elle envahit maintenant l’Australie, Taïwan, la Chine, le Mexique et les Caraïbes. Dans les zones infestées, 5% des personnes développent une hyper-sensibilité au venin. Elle est connue pour former des radeaux en cas d’inondation.
En fait il y a plusieurs espèces comme S. richteri (Black Imported Fire Ant – BIFA) longtemps considérée comme sous-espèce de S. invicta. On la trouve au sud des USA, et serait originaire d’Amérique Sud.
S. saevissima du Brésil est monocalique, mais en Guyane elle forme des supercolonies (Martins et al. 2012; Dejean et al. 2015; Lenoir et al. 2016).
S. geminata (Fourmi de feu tropicale) est dans tout le pacifique sud, a sans doute été transportée depuis le Mexique par les galions espagnols.

Pour en savoir plus


3 - Anoplolepis gracilipes (Plagiolepidini, fourmi folle jaune, yellow crazy ant)
Cette fourmi est facile à reconnaitre à ses pattes très longues et grêles, de grandes antennes et grands yeux et elle fait des mouvements désordonnés très rapides d’où son nom. Elle serait originaire d’Afrique et d’Asie. Elle est invasive en Australie, Pacifique (Nouvelle-Calédonie, Hawaï, Galápagos, Polynésie française), océan indien (Seychelles, île Christmas, La Réunion). Elle est célèbre pour avoir détruit plus de 20 millions de Crabes rouges terrestres (Gecarcoidea natalis) endémiques de l'île Christmas (au Nord-Ouest de l'Australie et au Sud-Ouest de Java) pendant leurs migrations annuelles. Voir plus

    

4 - Pheidole megacephala (fourmi à grosse tête, big-headed ant, the Brown House Ant, coastal brown ant en Australie)
On la trouve un peu partout en particulier dans les îles. En France dans les régions parisienne, lyonnaise et bordelaise. Peut-être dans un zoo de serpents à Saint-Malo. A La Réunion pourrait avoir un rôle positif de prédateur dans les plantations de manguiers - voir plus loin (Jacquot et al 2016)


5 - Wasmannia auropunctata (little fire-ant, petite fourmi de feu, fourmi électrique en Nouvelle-Calédonie)
Wasmannia est originaire d'Amérique tropicale, elle a envahit de nombreuses îles du Pacifique y compris les Galapagos. En présence de Wasmannia le nombre d'espèces de fourmis chute complètement, elle représente 90% à 99% des fourmis quand elle est présente. Elle monopolise les sources de nourriture, il est possible que les autres espèces crèvent de faim. En Israël il y aurait eu une seule invasion (Vonshak et al 2009). Voir plus sur la petite fourmi de feu


6 - Tapinoma melanocephalum (fourmi fantôme, ghost ant)
Fourmi toute petite facile à reconnaître avec son abdomen clair que l’on peut colorer. Elle vit dans les maisons où elle est d’une efficacité redoutable pour recruter des congénères quand elles trouvent une source de nourriture.

 

La répartition de la fourmi fantôme (Bertelsmeier et al 2017)

 


7 - Monomorium pharaonis (fourmi des pharaons)
Originaire sans doute de la région éthiopienne, mais c’est contesté. Elle vit dans les bâtiments bien chauffés des grandes villes (par exemple dans les hôpitaux). En régressions ? À Tours elle était présente dans les années 70 dans divers immeubles, mais semble avoir disparue.

Et plus récemment :
8 - Paratrechina longicornis (Plagiolepidini) (Fourmi folle noire, longhorn (black) crazy ant)
C’est une fourmi surtout tropicale, qui peut s’installer jusqu’en Estonie, Suède (habitations, serres). Origine Asie sud-est et Mélanésie (Wetterer 2008). Trouvée en France en 1856 (Nylander), actuellement dans des serres. Les reines isolées produisent des ouvrières diploïdes, clones des reines, et des mâles clones de leur père (Pearcy et al. 2011). C’est l’alliée de Ant-man, le film (2015). Voir Fourmis folles

  


9 - La fourmi folle rousse Nylanderia fulva (Rasberry crazy ant, tawny crazy ant)
C’est une fourmi originaire d’Argentine et du sud du Brésil qui semble contrarier l’expansion des fourmis de feu aux États-Unis (arrivée en 2002 au Texas). Elle est rousse parsemée de poils rouges et fait de gros dégâts aux matériels électriques. Elle est en expansion rapide et pourrait provoquer plus de dégâts que la fourmi de feu. Voir Fourmis folles


10 - En Europe, Lasius neglectus (Invasive garden ant, super fourmi asiatique, fourmi envahissante des jardins)
C’est la fourmi de la Mer Noire selon Fraval (Fraval 2009) Pdf.
Elle est originaire des steppes d’Asie mineure, sans doute de Lasius turcicus qui a deux formes, d’altitude unicoloniale et de plaine supercoloniale (Cremer et al. 2008; Ugelvig et al. 2008, Ugelvig and Cremer 2012). Les colonies comportent de nombreuses reines de petite taille avec accouplement intranidal (pas de vol nuptial), elles forment des super colonies (jusqu’à 35 000) avec de nombreuses ouvrières « nanitic » de petite taille qui se développent plus vite (Espadaler et Rey 2001).

À signaler sa progression rapide en France, j'en ai reçu récemment de Montlouis sur Loire, de Saint-Brévin où elle semble détruire les nids de Messor. A envahi le village de Désirat en Ardèche (Plummer 2015). Elle p eut faire des dommages aux circuits électriques.
Voir le site du CREAF à Barcelone sur Lasius neglectus (Espadaler and Bernal 2015). Son expansion pourrait être ralentie par un champignon Laboulbenia formicarum (Tragust et al. 2015), mais je n’y crois pas trop. Lasius neglectus est arrivée en Angleterre en 2010. Elle est adaptée aux climats plus frais, par exemple à 30°C elle ne résiste pas bien et est combattue efficacement par les Crematogaster et Tapinoma (Frizzi et al 2017).

     


11 - Myrmica rubra (Fourmi rouge, ruby ant) d’Europe
Notre fourmi rouge est connue depuis 1900 au Massachussetts (Wheeler 1908). Elle semble être devenue invasive aux USA dans le Maine dans les années 50 et actuellement dans 4 autres états (Groden et al. 2005), mais reste multicoloniale (Garnas 2007). On la trouve aussi à Terre-Neuve et au Canada. À Terre-Neuve, avec des analyses génétiques, il y a au moins 4 sources d’importation possibles (Hicks et al. 2014). Pour le bilan de la répartition en Amérique du Nord voir (Wetterer and Radchenko 2011).

12 - D'autres espèces
Diverses espèces deviennent invasives en milieu tropical ou subtropical, par exemple Ooceraea (Cerapachys) biroi (clonal raider ant) dans les îles ( Wetterer et al 2012). J'ai trouvé dans mon village à Sauvagnon (64230) en avril 2017 Tapinoma magnum, une fourmi méditerranéenne originaire de la côte méditerranéenne de Narbonne à Montpellier et en Corse. Elle a été trouvée aussi dans la banlieue de Bordeaux et elle est signalée comme invasive en Allemagne, Belgique (Ostende) et Pays-Bas. Voir plus sur T. magnum

Brachyponera sennaarensis (samsun ant) selon Bertelsmeier et al 2017 :

13 - Le cas des îles

Pour plus d'infos sur les envahisseurs (plantes et animaux) voir le livre de Albouy (2017). On y trouve par exemple le cas de l'île de la Surprise (24 ha) en Nouvelle-Calédonie où les rats qui faisaient des ravages dans les populations d'oiseaux et de reptiles ont été éliminés avec succès sans que cela perturbe la population de fourmis Pdf. Selon Cerda et al (2012) il y avait sur cette île une seule espèce locale, Pheidole oceanica, qui résiste face à 8 espèces introduites. Effectivement, les îles sont les premières victimes des espèces invasives. Parmi les 1288 îles accueillant des vertébrés menacés, 1030 abritent également des espèces invasives (Garric 2017).


Caractéristiques des invasives
Toutes ces «tramp species » ont des caractéristiques communes (Passera 1994) (voir Passera and Aron 2005 - chapitre 15 et Passera 2006 pages 217 et suiv.) :
- propension à envahir de nouveaux biotopes et en particulier les îles,
- unicolonialité (formant des supercolonies sans agression). C’est ainsi que Tapinoma sessile en Indiana change de statut avec l’urbanisation : en milieu naturel elle forme des colonies simples monogynes, monocaliques, et elle devient polygyne, supercoloniale et envahissante en milieu semi-naturel et urbanisé où elle fait disparaître les autres espèces (Buczkowski 2010). Lepisiota canescens native d'Ethiopie est unicoloniale et semble être une invasive potentielle qui a déjà envahi l'Afrique du Sud et est arrivée à Darwin en Australie. Il n'y aurait qu'une vingtaine d'espèces unicoloniales.
- commensales de l’homme,
- très polygynes avec des reines à durée de vie très courte s’accouplant dans le nid sans vol nuptial,
- multiplication par bouturage,
- et enfin ouvrières toujours stériles.
Selon 
Bertelsmeier et al 2017 les espèces de petite taille et dont les colonies comportent plusieurs reines sont plus enclines à se répandre.
En conséquence il y a perte de la diversité génétique et les flux de gènes entre supercolonies sont faibles. C’est ainsi que les Wasmannia d’Israël proviennent d’une seule reine d’Amérique du sud (Hefetz). Ces fourmis changent facilement de profil d’hydrocarbures cuticulaires «You are what you eat» comme cela a été montré chez Linepithema qui intègre des alcanes des grillons donnés au labo (Liang and Silverman 2000). On vient de montrer aussi que le frelon asiatique invasif en France, malgré une grande homogénéité génétique, présente des variations de profils cuticulaires, indiquant une grande flexibilité (Gévar et al 2017).
D’une manière générale, les fourmis invasives peuvent perturber les mutualismes, voir la synthèse de Kiers et al. 2010.

Pourquoi ces fourmis deviennent-elles invasives ? C'est une question sans véritable réponse pour le moment. Calcatera et al (2016) ont étudié Solenopsis richteri et Linepithema humile dans leur région native en Argentine. Les deux espèces cohabitent avec 47 autres espèces sans problèmes. Les auteurs émettent l'idée que ces fourmis sont écologiquement flexibles... C'est peut-être lié aux changements de milieu comme Tapinoma sessile en Indiana qui change de statut avec l'urbanisation (voir plus haut Buczkowski 2010).


Compétition entre invasives
Tapinoma nigerrimum semble combattre efficacement la fourmi d’Argentine (Blight et al. 2010), mais elle devient aussi une peste.. On la trouve dans les bouches du métro à Lyon et même en Belgique. T. nigerrimum est souvent considérée comme nuisible mais elle mange les larves de la mouche des fruits Ceratitis capitata dans les vergers de citronniers en Italie (Calabre). Les autres fourmis (Messor structor, Camponotus aethiops et Formica fusca) très peu efficaces (Campolo et al. 2015).
Cleo Bertelsmeier dans le laboratoire de Franck Courchamp à Orsay a travaillé sur la compétition entre 4 espèces de fourmis invasives en les testant en laboratoire par des combats entre deux espèces. Les espèces utilisant des armes chimiques (Wasmannia auropunctata et Lasius neglectus) sont bien meilleures que les autres qui utilisent leurs simples mandibules (Pheidole megacephala qui perd toujours en combat à deux et Linepithema humile). P. megacephala a cependant des ressources puisque en combat à quatre elle laisse les autres s'entretuer pour prendre la place ensuite (Stratégie de Napoléon selon Herzberg) (Bertelsmeier et al. 2016). Voir l'article du Monde (Herzberg 2016a Pdf), Le Journal du Dimanche (Bellet 2016 Pdf) et Le Figaro (Nothias 2016 Pdf).
Les auteurs ont aussi fait une simulation de la progression prévisible des fourmis invasives en France avec le réchauffement climatique. Les ports d'entrée seraient surtout Biarritz, Toulon et Nice. La côte sud-ouest serait la plus touchée. Lasius neglectus et la fourmi d'Argentine auraient l'expansion la plus forte, suivies de Solenopsis richteri, Pheidole megacephala et Wasmannia auropunctata (Bertelsmeier and Courchamp 2014).


Des préjugés
Attention aux idées préconçues et non vérifiées : les invasives font disparaître les fourmis natives comme à Port-Leucate où ne subsistent que 2 espèces devenues très rares (Passera 2006). Cependant, à Madère (Açores) Pheidole megacephala puis Linepithema humile sont censées avoir éradiqué toutes les espèces natives. En fait, c’est faux, ces deux espèces occupent 0,3 et 6% de l’île, et n’ont jamais occupé plus de 10%. Sur 10 espèces natives, 9 sont encore présentes (Wetterer 2006). Aux Galapagos la communauté des fourmis comporte 29 espèces dont 22 introduites ; surtout S geminata et W auropunctata. Mais les fourmis natives survivent encore !! (Peck et al. 1998).

Invasives et lutte biologique
Les fourmis invasives peuvent même avoir un rôle dans la lutte biologique. Cela a été étudié à La Réunion dans des plantations de mangues où Pheidole megacephala et Solenopsis geminata mangent beaucoup d'oeufs de la mouche des fruits Zeugodacus cucurbitae (Jacquot et al 2016). Ces mêmes P. megacephala sont aussi de bons agents prédateurs des larves du charançon du café Xylosandrus compactus à La Réunion (Ogogol et al 2017).

Des invasives qui disparaissent
Des fourmis invasives peuvent disparaitre spontanément sans intervention humaine, c'est ce qu'ont observé M Cooling et B Hoffmann en Australie sur la fourmi folle jaune (yellow crazy ant, Anoplolepis gracilipes) entre 2003 et 2014, une invasive qui pose beaucoup de problèmes (Cooling and Hoffmann 2015). Cette disparition pourrait être due à des virus, et d'autres bactéries pathogènes (Cooling et al 2016).
Intéressant, cela me rappelle une observation de Luc Passera qui signalait que la fourmi d'Argentine semble régresser spontanément sur la côte méditerranéenne vers Leucate. La fourmi d’Argentine qui avait envahi la Nouvelle-Zélande semble régresser spontanément (Cooling et al. 2012).

Lutte contre les fourmis invasives
Dans les années 1950 aux USA avec l'apparition de nouveaux insecticides, une grande campagne d'éradication de la fourmi de feu a été lancée sur 56 millions d’hectares. Cela a été un échec cuisant. Voir la critique de Rachel Carson dans son livre "Le printemps silencieux" (Carson 1968). E. O. Wilson, le célèbre myrmécologue américain, a d’ailleurs qualifié cette guerre perdue de « Vietnam entomologique » (Keller et Gordon 2006 p. 188). Des essais de lutte biologique sont menés depuis des années contre Solenopsis invicta par des champignons, des parasitoïdes (Eucharitidae, mouches phorides) qui n’ont pas suivi lors de la migration. On peut infecter les fourmis avec le champignon pathogène Metarhizium anisopliae, mais elles boivent plus de quinine (self medication), reçoivent plus de trophallaxies (Qiu et al. 2016). C’est de l’immunité sociale, donc la lutte est difficile. Pseudacteon tricuspis et P. curvatus sont des mouches phorides parasitoïdes d'Amérique du Sud qui pourraient limiter la prolifération des fourmis de feu, mais leur effet est minime (Valles et al. 2010; Porter and Calcaterra 2013). Pierre Jolivet écrivait déjà en 1986 que la lutte avec les parasitoïdes « semble sans espoir » (Jolivet 1986, p. 187).
En Nouvelle-Calédonie, il est sans doute déjà trop tard pour stopper l'invasion (tahiti.info 2017). Attention aux effets pervers : en Nouvelle-Zélande, la fourmi d'Argentine fait disparaître les Monomorium antarcticum locales. L'imidaclopride abaisse l'agressivité des Monomorium et au contraire augmente celle des Argentines, ce qui augmente leur chance de se répandre (Barbieri et al 2013, voir Bossy 2013).

Il faut sans doute s'inspirer de ce que dit le philosophe Baptiste Morizot "On a longtemps cru qu'il fallait exploiter plus efficacement la nature pour améliorer nos conditions de vie humaine; on commence à comprendre, que pour atteindre cet objectif, il faut apprendre à mieux cohabiter avec les autres créatures de la terre." (Vincent 2016).

Hoffmann a fait le bilan de 316 campagnes d’éradication pour 11 espèces d’invasives, hélas avec des insecticides puissants comme le fipronil (qui pose des problèmes pour les abeilles !), l’hydraméthylnone (pour cafards et fourmis), des régulateurs de croissance (pyriproxyfène et méthoprène). Il note 144 succès surtout en Australie mais uniquement sur très petites surfaces (Hoffmann et al. 2016).
Des essais de lutte sont conduits actuellement avec des produits comme des extraits de thé, soit les feuilles soit les restes après usage, contenant diverses molécules toxiques comme des polyphénols sur Paratrechina longicornis, Anoplolepis gracilipes en Malaise (Dieng et al. 2016).
Contre Tapinoma melanocephalum (fourmi fantôme), la fourmi d’Argentine et la fourmi des pharaons à Taiwan on peut utiliser des solutions avec de l’acide borique à 1% et du sucre, efficace en 4 semaines (Klotz et al. 1996; Luo and Chang 2013).

et si on laissait faire la nature comme le dit Vincent Albouy ?

Remerciements. Merci à Laurence Berville pour avoir envoyé des fourmis invasives d'Australie.

Références
- 7sur7.be (2017) Comment les fourmis ont conquis le globe. 7sur7.be, 22 juin 2017, p. http://www.7sur7.be/7s7/fr/1505/Monde/article/detail/3189541/2017/06/22/Comment-les-fourmis-ont-conquis-le-globe.dhtml Pdf
- Affentranger, M. (2017) Des fourmis dans nos bagages. unil.ch, 22 juin 2017, p. http://www.unil.ch/fbm/home/news.html?showActu=1498140017882&showFrom=1. Pdf
- Bellet, R. (2016). Et maintenant, la fourmi électrique. Le Journal du Dimanche 30 avril 2016. Pdf
- Bossy, D. (2013) Les néonicotinoïdes poussent les fourmis à se battre jusqu'à la mort. Futura Science, 25 octobre 2013, p. http://www.futura-sciences.com/planete/actualites/developpement-durable-neonicotinoides-poussent-fourmis-battre-jusqua-mort-49809/ Pdf
- Fraval, A. (2009). La fourmi noire de la Mer noire. Une invasion bien préparée. Insectes 152: 32. Pdf
- Garric, A. (2017). Les îles sont des épicentres du déclin de la biodiversité. lemonde.fr
26 octobre 2017. http://www.lemonde.fr/biodiversite/article/2017/10/26/comment-sauver-40-des-especes-de-vertebres-en-danger-critique-d-extinction_5206262_1652692.html#HxUqyR7qfr6t4qkk.99. Pdf
et Le Monde 1-2 novembre 1017. p. 6. Pdf
- Herzberg, N. (2016a). La guerre des fourmis. Le Monde Science et Médecine 2 mai 2016. Pdf
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- Nothias, J.-L. (2016). Les fourmis sont des guerrières hors pair. Le Figaro Mercredi 20 avril 2016. Pdf
- Plummer, W. (2015). Ardèche : un village envahi par des fourmis. Le Figaro 8 avril. Pdf
- Pontone, C. (2014). Toulon : le radar de l'A57 refuge d'une fourmilière. Var Matin 3 Octobre 2014.
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- Tahiti.infos (2017) Petite fourmi de feu : est-il déjà trop tard ? tahiti.infos, 26 juillet 2017, p. http://www.tahiti-infos.com/Petite-fourmi-de-feu-est-il-deja-trop-tard_a163040.html. Pdf

Autres références
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